HOMMAGE aux victimes de la collision aéronautique du 9 avril 1991
Crédit photo Jean Paul FARGIER
Le samedi 13 avril 2024, nous étions une quinzaine de Vieilles Tiges du Groupement Saint Exupéry à nous rendre à Cros. 33 ans s’étaient écoulés depuis le terrible drame qui frappa ce village. Le 9 avril 1991 dans cette petite commune située à 70 km au sud-ouest de Clermont Ferrand, se produit le télescopage entre un Lynx n° 805 de l’Aéronavale de Lanvéoc-Poulmic et un Mirage 2000N n° 328 de l’armée de l’air et de l’espace de la base 125 d’Istres. Cette collision fit 10 morts et laissa les familles dans la peine et la douleur. Les membres Auvergnats de notre association n’ont pas oublié ce qui s’était passé ce jour-là. C’est à l’initiative de notre ami Patrice Crétaud, Vieille Tige Auvergnate et de Mr. Gérard Sapchat, habitant Du village meurtri que fût décidé la pose d’une plaque explicative placée à proximité de la stèle ainsi que la demande auprès du CC. Anne Demay, commandant la flottille 34F, pour qu’un hélicoptère Dauphin de la flottille 34F fasse le déplacement de Bretagne en Auvergne afin de saluer la mémoire de ses hommes disparus tragiquement.
Ce n’est pas sans émotion que Jean-Louis Gatignol, maire de Cros, a accueilli les familles des victimes, les autorités civiles et militaires, les associations et les habitants de la commune auprès de la stèle. Monsieur le maire, accompagné du CV. Prieur, de l’EV. Miclot et de Maëlly et Anaëlle, petites-filles d’une des victimes, ont dévoilé une plaque explicative placée à proximité de la stèle. Elle permettra de perpétuer le souvenir de cet accident. Puis ce fut la dépose des multiples gerbes de fleurs déposées par les autorités civiles et militaires, les familles et associations.
Etaient présents : Mme la sous-préfète Hélène Hargitai: M. Brugière, représentant M. Boyer, sénateur du Puy-de-Dóme, M. Chauvin, président du conseil départemental du Puy-de-Dôme, M. Mercier, président de la communauté de communes Dômes Sancy Artense, le lieutenant-colonel Seguin, représentant le général Casanova, délégué militaire départemental du Puy-de Dôme, commandant de la 4ème brigade aéro-combat: le capitaine de corvette Prieur, représentant le commandant de la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic, l’enseigne de vaisseau Miclot, officier Traditions 34F, représentant la capitaine de corvette Dernay commandante de la flottille 34F ESHE, M. Fargier, secrétaire des Vieilles Tiges de Lyon/Auvergner Rhône Alpes, groupement Saint Exupéry, le général Danis, représentant des Ailes Brisées, Mme De Vitry, représentant l’Entraide Marine de Paris, le chef d’escadron Garcin, commandant la compagnie de gendarmerie d’Issoire, représentant Mme la colonelle Scheurer, le capitaine Giraudet, du Service départemental d’incendie et de secours, représentant M. le contrôleur général Glasiant. M. Pegeon, du Souvenir Français du Puy-de-Dôme, représentant la CCI 63.
Après la cérémonie chargée d’émotions, nous nous retrouvions dans la salle des fêtes autour d’un buffet régional. Puis le moment était venu de nous quitter et l’équipage du Dauphin salua le village à sa manière en faisant un passage à la verticale de la stèle.
« Le 9 avril 1991 : Un hélicoptère Lynx de la marine nationale « flottille 34F » et un Mirage 2000N qui participaient à des manœuvres inter-armes sont entrés en collision à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Clermont-Ferrand. L’hélicoptère s’est écrasé sur le territoire de la commune de Cros et a pris feu. Ses huit occupants ont été tués. Le Mirage s’est écrasé près du Puy de Montsineyre, à 25 km du lieu de la collision. Ses deux pilotes ont également été retrouvés morts. L’hélicoptère venait de la base Lanvéoc-Poulmic, dans le Finistère. Le Mirage de l’Escadron 3/4 « Limousin » était basé à Istres.
En Mémoire des10 victimes, une stèle a été érigée à 1km500 du village de Cros en direction de Bort les Orgues sur la D47.
Pour commémorer le trente troisième anniversaire de ce drame, notre camarade Patrice CRETAUD Vieille Tige Auvergnate, s’est impliqué grandement dans l’organisation d’un hommage qui sera rendu le samedi 13 avril à 11h30 en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires.
Les Vieilles Tiges étant associées à ce devoir de Mémoire, je vous invite à participer nombreux à cette cérémonie.
Des précisons concernant l’organisation de cette action vous seront donnés ultérieurement.
Bien à vous
François PELLETIER»
CROS 11 AVRIL 2024
C’est au nom de l’association Les Vieilles Tiges que je prends la parole.
Cette seconde plus vieille association aéronautique après l’Aéroclub de France, a été créée en 1922 par 5 jeunes pilotes de chasse rescapés de la grande guerre.
Son but était alors de venir en aide aux familles de pilotes tombés au combat.
Aujourd’hui la mission de cette séculaire et vénérable association a évolué. Elle a pour but d’une part d’aider de jeunes passionnés dont le rêve est d’accéder à une carrière aéronautique, et d’autre part entretenir le devoir de mémoire de nos pionniers, de celles et ceux qui nous ont précédés et qui pour un grand nombre ont perdu la vie au cours d’un vol, qu’ils soient héros ou non, qu’ils soient pilotes, navigateurs, mécaniciens, steward ou hôtesse, qu’ils soient civils ou militaires toutes armes confondues. Lorsque l’un d’eux tombe, c’est notre grande famille aéronautique qui est frappée et endeuillée.
C’est pour cette raison qu’une délégation des Vieilles Tiges est présente aujourd’hui devant cette stèle. Nous sommes là pour rappeler à quiconque que le 9 avril 1991 des aviateurs de l’armée de l’air et de la marine sont tombés ici au cours de leur mission, réunis dans la mort en exerçant leur devoir, un devoir animé d’une indéfectible passion… cette passion que nous partageons encore, dont nous connaissons les plaisirs qu’elle procure et aussi les sacrifices qu’elle impose, sans oublier la douleur qu’elle inflige aux familles, douleur qui ne cicatrise jamais.
Lorsque l’on est un équipage de Mirage 2000 de L’Armée de l’air et un équipage de Lynx de la Marine il n’est pas nécessaire de partir en guerre, de partir au combat, pour perdre la vie … non, la mort peut surgir dans un ciel de paix lors d’un simple exercice de routine pourtant exécuté avec rigueur et professionnalisme. Cette sombre réalité nous rappelle qu’il est du devoir de chacun d’entre nous de considérer avec respect nos camarades aviateurs et marins qui sont avant tout des soldats garants de la protection de notre pays, et que nous devons honorer avec solennité leur mémoire lorsque le destin a décidé de les enlever à leur famille, leurs amis, leurs camarades d’arme.
Puisse cette stèle rappeler aux promeneurs que derrière ces 10 noms gravés dans la pierre vivaient des hommes heureux … heureux d’avoir réussi un parcours parfois difficile, parcours qui leur avait permis d’atteindre le métier qu’ils vivaient intensément, un métier passion, un métier gratifiant.
Peut-être connaissaient-ils ces mots d’Antoine de Saint Exupéry que je vous cite et sur lesquels je termine :
« Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. »





