HOMMAGE A GEORGES PIVOT « COMPAGNON OUBLIE DE MERMOZ ET SAINT EXUPÉRY »

MARCY L’ÉTOILE 11 NOVEMBRE

 

Georges PIVOT

Photo Site Mémoire d’Aéropostale

 

 

Paul MATHEVET membre des Vieilles Tiges, féru de la Mémoire Aéronautique régionale a rédigé un ouvrage de recensement des Pilotes des Lignes Latécoère et Aéropostales, compagnons de MERMOZ et SAINT EXUPERY qui, malgré leurs exploits sont restés dans l’ombre des deux « Grands ». Dans cet opuscule on découvre le parcours de Georges PIVOT né à MARCY L’ETOILE le 3 mars 1901.

Afin de « rendre à César ce qui est à César », après avoir contacté la municipalité, le Groupement SAINT EXUPERY a souhaité donner le nom de Georges PIVOT à une rue ou un édifice, et afficher à l’intention des passants qui il était.

 

Bernard BALLANDRAS chargé de cette mission a reçu un accueil très chaleureux de la part de cette municipalité puisque le square faisant face au Monument aux morts et sur lequel était bâti le « Café Pivot », maison natale de Georges, sera agrémenté de la plaque commémorative (photo) et baptisé du nom de ce Pionnier.

De plus, suite à notre démarche, Monsieur LAGRANGE Adjoint au Maire a constaté que, bien que déclaré mort pour la France le 1 octobre 1943 aux commandes d’un bombardier, le nom de Georges PIVOT n’apparaissait pas sur le Monument aux Morts de MARCY L’ETOILE. L’oubli a été aussitôt réparé.

 

En présence d’un important détachement de Sapeurs-Pompiers, des Anciens Combattants, des enfants des écoles, et de nombreux Marcillois, sans oublier l’alerte centenaire Blanche BOULET qui participa au débarquement de Normandie comme infirmière de la Croix Rouge, le groupement SAINT EXUPERY accompagné de son porte drapeau, était bien représenté ce 11 novembre pour assister à l’hommage rendu par la commune de MARCY L’ETOILE, qui avait associé pour l’occasion un autre oublié de l’histoire, également mort pour la France, Mahang SARR. Ce jeune Tirailleur Sénégalais du 25e RTS (1er Bataillon) rescapé du massacre de Chasselay le 20 juin 1940 avait été rattrapé par les soldats ennemis et fusillé devant le café Pivot, triste coïncidence !

Avant de dévoiler les plaques commémoratives de Mahang SARR et Georges PIVOT, le parcours de chacun de ces deux hommes est retracé, par la responsable des archives de la commune pour le soldat du 25e RTS, et par le président du groupement SAINT EXUPERY pour l’aviateur Pionnier des lignes aéropostales :

 

« Georges PIVOT, après avoir accompli son stage d’élève pilote chez HANRIOT obtient son brevet de pilote le 15 février 1921. La même année, il se présente au titre d’engagé volontaire au 34e régiment d’aviation pour une durée de trois ans. Il obtient son brevet de Transport Public le 19 décembre 1923, (n° 794) et se fait engager comme pilote aux Lignes aériennes LATECOERE le 6 mars 1924. Affecté à l’escale (appelée à l’époque « Aérostation ») de Barcelone, il effectue les étapes sur Alicante, Malaga, Tanger, Rabat, et Casablanca.

Les avions utilisés sont des appareils rescapés de la guerre de 14/18, des SALMSON 2A2 et BREGUET XIV à bout de souffle.

 

BREGUET XVI (photo Mémoire d’Aéropostale)

 

Les pannes sont quasi journalières et, disposant d’un équipement spartiate la navigation s’effectue « à vue » quelles que soient les conditions météo. Chaque vol est une aventure qui peut se terminer de façon dramatique. Ainsi en 1924, Georges PIVOT dévié de sa route par la tempête, en panne et posé en catastrophe à l’aveuglette, restera plus de 20 heures en détresse avant d’être secouru. Plus tard sur une étape entre Casablanca et Port Etienne, victime d’une panne en bordure du Sahara occidental dans la région du Rio De Oro, après avoir sauvé son passager il est fait prisonnier par des bandits Maures. Vendu comme esclave, il est racheté par un « caïd » ami de la France. Il participera aussi au péril de sa vie aux recherches de pilotes également prisonniers des Maures.

En octobre 1927, il est affecté sur la ligne Natal – Buenos Aires où il défriche de nouveaux terrains.

De mars 1928 à avril 1930, il devient chef de l’aéroplace de Bahia. Outre cette activité qui consiste à coordonner les vols et l’entretien des avions, il est chargé de repérer des terrains de secours. La fonction de chef d’Aéroplace exige aussi l’obligation de prendre la place d’un pilote exténué après plusieurs heures dans la tempête, et poursuivre le transport du courrier coûte que coûte. Le directeur Didier DAURAT ne disait-il pas « Être à l’heure, c’est déjà être en retard »

Georges PIVOT est ensuite promu chef d’exploitation puis chef de secteur de la ligne Chili-Bolivie-Pérou jusqu’en 1933.

En 1932, il reçoit la Légion D’Honneur qui récompense ses actes de courage accomplis au service de la France, au péril de la vie.

Le 1er septembre 1933, jour de la naissance d’AIR FRANCE qui fusionne les lignes aériennes françaises, c’est la fin de l’AEROPOSTALE. Il est alors affecté au réseau Afrique de la nouvelle compagnie nationale. Un accident à l’atterrissage à Tanger le 11 décembre 1935 sur un WIBAULT l’incite à donner sa démission et, le 10 février 1936 il rejoint la Compagnie AEROMARITIME-CHARGEURS REUNIS à Abidjan.

 

Recommandé par Jean MERMOZ (disparu le 7 décembre 1936), il fera partie du premier équipage qui effectue un vol risqué mais réussi, de reconnaissance sur le trajet Dakar-Cotonou-Pointe noire.

En l939, il est mobilisé dans l’armée de l’air à Port Lyautey (aujourd’hui Kénitra) et, lui qui a survécu à absolument tous les dangers liés à l’aviation de l’époque, il est victime d’un crash au décollage le 1er octobre 1943 à bord d’un bombardier américain Glenn Martin. Il a 42 ans, et déclaré mort pour la France.

Georges PIVOT était également décoré de l’ordre du Ouissam Alaouite, suprême décoration Marocaine.

 

Sur les 162 pilotes (pour la plupart, survivants de la guerre de 14/18) des lignes LATECOERE devenues en 1927 lignes de l’AEROPOSTALE, 53 sont morts en vol et 2 ont été assassinés par les Maures. En 13 ans, un pilote sur trois a perdu la vie pour que progresse le transport aérien…

 

A partir de ce jour, lorsqu’ils seront confortablement installés à 10.000 mètres d’altitude, en route pour des vacances, les Marcilloises et Marcillois auront certainement une pensée pour ces valeureux pionniers, et en particulier pour l’enfant du pays, Georges PIVOT ».

(Le parcours de Georges Pivot est également disponible dans la rubrique « Des Hommes et des Ailes » de ce site.)

 

Le Café PIVOT se situait de l’autre côté de la rue, au centre de la photo.

Joël PIEGAY Maire de MARCY L’ETOILE a ensuite clôturé cette cérémonie en invitant tous les participants à se retrouver autour du verre de l’amitié.